HISTORIQUE
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TURCKHEIM est une ville au passé riche en histoire.
Citée dès 743 dans la Charte de Wissembour, elle accèda au rang de ville en 1313.
Elle entre dans la Décapole en 1354, et après plusieures decennies de lutte, elle devient Ville libre.
L'histoire de nos Sapeurs-Pompiers est aussi riche d'évenements et d'annecdotes.

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I) Première partie: 16ème au début du 20ème siècle
Chapitre 1er: les règlements
Chapitre 2ème: le matériel, les engins
II) Deuxième partie: histoire récente.


les Sapeurs Pompiers de Tuckheim en 1933
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Premiere Partie

Les pages qui suivent sont extraites d'une brochure rédigée en 1968 par M. BILLICH, archiviste de la Ville de Turckheim.

Pour vous aider dans votre lecture, vous pouvez faire une recherche par date:
| 1611 | 1632 |
| 1700 | 1716 | 1717 | 1718 | 1729 | 1735 | 1737 | 1759 | 1768 | 1775 | 1790 | 1791 | 1792 | 1795 | 1798 |
| 1801 1806 | 1813 | 1814 | 1816 | 1824 | 1830 | 1833 | 1834 | 1836 | 1838 | 1842 | 1843 | 1844 | 1846 | 1851 | 1852 | 1854 | 1855 | 1860 | 1861 | 1863 | 1864 | 1865 | 1866 | 1867 | 1868 | 1869 | 1870 | 1871 | 1882 | 1886 | 1894 |
| 1904 | 1914 | 1918 | 1925 | 1926 | 1929 | 1930 | 1936 |

Chapitre 1er: les règlements:

Le chant du veilleur de nuit de Turckheim est bien connu :
" Han Sori zu Fier un Liacht .. .
Prenez soin de 1'âtre et de la chandelle. . . "

et les nombreux touristes qui s'attardent le soir dans la petite cité médiévale l'écoutent avec plus ou moins d'intérêt, plus ou moins d'émotion. Mais sans doute, sans en mesurer le sens ou la portée.

Ce qui aujourd'hui n'est plus que poésie, était à l'origine une simple nécessité.
On conçoit facilement quelle crainte, quel respect nos ancêtres devaient avoir devant le feu, si l'on veut bien considérer la rapidité avec laquelle cet élément se propage et les moyens limités, presque ridicules, dont on disposait autrefois pour le combattre.

Si l'on ajoute le fait que le feu était autrefois conservé et " il somnolait " durant la nuit, on conçoit que les communautés se soient penchées sur ce problème.
Aussi, avant que la ville ne s'endorme, le veilleur invitait les habitants à jeter un dernier coup d'œil aux deux sources dont on disposait alors, l'âtre et la chandelle.

Ce souci de la sécurité a dû être un des premiers soucis des hommes. Des Romains, en passant par Charlemagne jusqu'à nos jours les textes évoquent ce problème.
Au Moyen Age, quarteniers (responsables par quartiers) puis au début du 18e siècle gardes-pompes (Paris 1716) enfin au début du 19e siècle : sapeurs-pompiers.

Si à Paris il existe très tôt un service organisé (casernes dès 1801), les compagnies des sapeurs-pompiers ne naissent dans les petites communes que dans la seconde moitié du dernier siècle.

Ce qui est intéressant, c'est d'analyser la route qu'elles ont suivie pour parvenir à leur formation.

A Turckheim, il n'y en a qu'une : " la route du vin ".

On connaît le rôle joué par la vigne dans l'histoire de l'humanité.
Plante de civilisation par excellence, non seulement parce qu'elle a rodé les montagnes, imposé l'architecture, participé à l'essence même du christianisme, conditionné l'esprit et l'œuvre des artistes, mais aussi parce que de mille et mille façons - elle a déterminé dans une certaine mesure la mentalité et l'histoire d'une ville telle que Turckheim.

Le cérémonial avec lequel on chargeait autrefois le vin est connu : jaugeur mesurant la futaille, gourmet présidant aux opérations, tonnelier à la cave, porteurs le vin avec leur hotte, serreurs vérifiant le chargement et accompagnant le convoi jusqu'à " La Sinn ".

Parmi eux une catégorie s'impose à notre attention par les prérogatives attachées à ses fonctions : les porteurs (Leiderer).
Ce sont eux qui fustigent les mauvais garnements, chassent les habitants bannis, accompagnent les condamnés a mort au lieu du supplice et... avec leurs collègues serreurs et tonneliers assument également les fonctions de sapeurs-pompiers !

Quelles sont les raisons de cette curieuse coutume ?
Elles sont nombreuses. L'une est d'ordre presque métaphysique, si l'on peut s'exprimer ainsi. Le porteur, lié au vin, du fait qu'il le porte, est par là même spiritualisé Une autre est au contraire toute terre à terre.
Apte à manier des chargements de vin, il l'est également a transporter ou transvaser des chargements d'eau.
Une troisième enfin :il connaît chaque ruelle, chaque recoin, chaque impasse.
Enfin, ces " employés du vin " forment l'unique cellule organisée et constante de l'époque.

C'est pourquoi on trouve à la date du 2ô-5-1729 le règlement suivant (règlement qui ne fait qu'entériner un état de faits) :
" Heut dato den 26.-5.-1729 ist wegen dem wann in allhiesiger statt entstehenden Feuersbrunst umb demselben schleunig Widerstand zu tuen und denselben auszuIOschen durch Ehrsamen Rat nachfolgende Ordnung gemacht worden : - erstlich, wann in allhiesiger statt ein Brunst entsteht, sollen sich bey Pflichtlicher bürgerlich Aydts gleich alldo einfinden . . . die Kieffer und AblOsser. .. die Feuerspritz regieren. - zweitens sollen di Layderer und Spanner das erforderliche Wasser zue der Feuerspritz tragen, die stopfer aber sollen die stangen an der Feuerspritz ziehen und bewegen. - drittens solle H. Lichtenberger die Feuereymer austeylen. - viertens sollen die Zimmerleut und Maurer also gleich die Feuerleydern und hagen ahn die Ort tragen. fünftens item so bald mit den Glocken gestürmt wird solI H. Procureur fiscal in der statt herum gehen und die Leuth zur Arbeit antreiben, welche ihm auch gehorsam sein sollen. Worauf H. Werner die Bachring austheylen und Sorg haben dass die Bachpfannen wohl versehen werden. "

L'essentiel du règlement est le suivant :
" Les tonneliers et leurs aides dirigeront la pompe - les porteurs porteront l'eau - les autres employés (jaugeurs, etc ) manieront les bras. Il se termine par :

" Ordnung wie man jederzeit stürmen solI zum Feuer ZUstürmen.
Zum ersten solle man mit dem VesperglOcklein ein Streich neun oder zehn, volgends mit der sturmglocke auch neun oder zehn streich als auf einen Backen geschlagen, und also mit diesen zweyen Glocken, in einer ernst die ander wie gemelt gebraucht werden. .. das Feuer oder Brunst so gross und nicht nachlassen wollte, solle man mit allen Glocken leuten, volgends wieder mit dem VesperglOcklein und sturmglocke angefangen. "

Ce règlement est le premier dont on dispose.
Cet usage ne sera modifié que par la Révolution et il faut attendre le 16 janvier 1792 pour en rencontrer un nouveau :

" Feuerordnung :
Heut dato den 16. Januar 1792 haben die Maire, Municipalbeamte und der Gemeinderat allhiesiger statt Thuringheim nach dem sie in Betrachtung gezogen, dass es hochnotwendig seye, die den lten July 1775 durch den damaligen Magistrat gemachte Feuerordnung zu erneuern in dem viele die dazu verordnet waren mit Todt abgegangen und anderer ausser Stand sich befinden die ihnen aufgetragene Ambter zu versehen : damit im Fall einer Feuersbrunst so Gott von uns gütigst abwanden wollte, die not "

Le règlement de 1795 est identique à celui du 22.1.1792.
Il date du 23 thermidor de la 3ème année de la République.

Celui de l'an 1798 n'apporte aucune modification.

Par contre, le règlement du 1er juillet 1806 oblige le responsable du matériel, Philippe Liechty à tenir un registre dans lequel il consignera les différents ustensiles.
Le même P. Liechty est tenu de visiter en compagnie de l'adjoint tous les foyers. Ils noteront les réparations à faire et le propriétaires seront invités a remettre les cheminées en état sous peine d'amendes.

Nouveau règlement en 1814.
Il répète simplement les prescriptions précédentes
Toutefois si le règlement de 1795 ne met en mouvement que 120 personnes, celui de 1814 en utilise 170.

Il en est de même pour celui du 10 juillet 1824 et du 24 janvier 1842.

Si les règlements sont relativement nombreux (8 de 1795 à 1842, le règlement du 2 février 1838 a été perdu) c'est qu'ils sont tous nominatifs.

C'est pour cette raison que tous notent dans le préambule qui les accompagne :
" ...vu que beaucoup de ceux qui sont nommés dans le règlement du... sont morts et que d'autres sont hors d'état d'assumer leurs fonctions on a jugé utile de renouveler les prescriptions en usage... "

C'est le 3 novembre 1846 que le Conseil municipal, sur demande de Monsieur le Préfet, se réunit la 1re fois pour discuter de la création d'un corps de sapeurs pompiers.
Une commission fut nommée.
Les sieurs Karm, Grad, Gruener et Million eurent à examiner la question, dresser un rapport indiquant par aperçu la dépense que pourrait entraîner l'équipement des sapeurs-pompiers, et faire un règlement relatif au service des pompes et du personnel nécessaire

Apparemment les décisions prises ce jour-là restèrent lettre morte, car 5 ans plus tard il n'y avait toujours pas de corps de sapeurs pompiers à Turckheim.
En effet une lettre datée du 15 juillet 1851 demandant au Maire s'il existe une compagnie de sapeurs pompiers porte comme inscription marginale : " répondre négativement ".

Mais, deux ans plus tard Charles Fleck, capitaine, informe le Maire qu'il a terminé l'organisation de notre compagnie de sapeurs pompiers, et que jusqu'à ce jour il n'a qu'à se louer de son esprit d'ordre et de solidarité.
" Je vous prie d'employer tout votre crédit auprès de M. le Préfet pour qu'il veuille bien nous faire accorder un armement digne d'une compagnie toute neuve (72 hommes). "

Ces armes arrivèrent bientôt.

Il faut ici ouvrir une parenthèse.
Les anciennes gardes nationales avaient été modifiées par décret impérial du 11 janvier 1852. Le service y était obligatoire pour les Français entre 25 et 50 ans. Le gouvernement fixait le montant de l'effectif dans chaque localité, il nommait également les officiers.

L'armement est consigné dans nos archives et va de 1830 a 1870. En 1868 les fusils à silex furent remplacés par des modèles à percussion et en 1870 le canon lisse céda la place au canon rayé.

Pour ce qui est du corps de sapeurs pompiers cités plus haut, sa vie semble avoir été de courte durée.
En effet, ce n'est qu'en 1860 qu'on entend de nouveau parler du corps.

Le 27 décembre 1860 le Préfet écrivait au Maire : " Par suite d'une délibération de votre commune, vous avez proposé de former une compagnie de sapeurs pompiers de 60 hommes... J'autorise cette organisation suivant le décret du 11 janvier 1852, mais avant de donner suite a vos propositions, en ce qui concerne la nomination des officiers il convient de régulariser le contr6le de la compagnie. Or, les sapeurs pompiers doivent être choisis par un conseil de recensement composé de trois membres désignés par le préfet.
Je vous prie de m'adresser un état de propositions pour la formation de ce conseil en indiquant les noms, prénoms, l'âge, la profession ou la qualité de chaque candidat. Vous aurez soin de porter en 1ère ligne sur cet état, le Sieur Fleck Charles, que vous avez proposé pour le grade de capitaine attendu qu'après sa nomination à ce grade, il sera de droit Président du Conseil de recensement. "

Le 14 janvier 1861, le Préfet du Haut-Rhin nommait membres du Conseil de recensement MM. Fleck Charles, Blanck Joseph, Fels Joseph, propriétaires.

Le 9 mai 1861 le Maire Grad J. B. réunissait devant l'h6tel de ville la compagnie des sapeurs-pompiers pour recevoir le serment des officiers.

Quant aux sapeurs ils s'entendirent apostropher :
" Sapeurs-pompiers en exécution de la loi, vous reconnaîtrez pour votre capitaine commandant M. Fleck Charles et vous lui obéirez en tout ce qu'il vous commandera pour défendre l'Empire, la Constitution et les droits qu'elle a consacrés pour maintenir l'obéissance aux lois, conserver et rétablir l'ordre et la paix publique. "

La compagnie comprenait en dehors des 3 Officiera précités :


sapeur en 1833 Liechty Jean-Philippe, Sergent-major
Meyer Joseph, Sergent-fourrier
Blanck J. B., Sergent
Hun Louis, Sergent
Dietrich Aloyse, Sergent
Meyer Jacques, Sergent
Wentzinger Joseph,
Caporal Herrmann Joseph,
Caporal Ehrhart François,
Caporal Geismar Charles,
Caporal Finck Etienne,
Caporal Hurst J. Bte,
Caporal Beyer Jacques,
Caporal Meyer Constantin, Caporal
Weiss Joseph,
Schwindenhammer Antoine,
Mmhlinger Dominique,
Haas Xavier,
Meyer Jean-Philippe,
Buhm Philippe,
Grimmer Philippe,
Eberle Joseph,
Hurst Jean,
Hauptmann J. Bte,
Adam Jacques,
Leiterer Jean,
Frey J. Bte,
Hueber Thomas,
Schiehlé Joseph,
Jenny Joseph,
Ravé Jean,
Liechty J. Joseph,
Gruener Jacques,
Jehlé Joseph,
Meyer Marc,
Sattler Jacques,
Meyer Antoine,
Blanch Joseph,
Christ Laurent,
Bernard Lénonard,
Gradt Henri,
Sixe Antoine,
Metz Théodore,
Muller François,
Adam Jean,
Heybinger Jacques,
Glentzinger Joseph,
Kammerer Jean,
Leiterer Jacques,
Weiss Joseph,
Adam Joseph,
Leininger Joseph (tambour),
Kreyenbihler Felix,
Hirsinger Philippe,
Schwindenhammer Antoine,
Daul Pierre,
Schiehlé Georges,
Ehinger Joseph,
Guth Joseph,
Ebelé Michel,
Bihler Philippe,
Meyer Jacques,
Boyet 1gnace,
Stirn Antoine.

Dans une lettre du 20 juillet 1861, le Capitaine Charles Fleck adressait un premier rapport au maire: Conclusion :" le nombre des sapeurs est insuffisant ".
En effet, la pompe No 1 exigeait le concours de 20 pompiers, la pompe N° 2 exigeait 24 pompiers, la pompe No 3 exigeait 16 hommes et No 4 exigeait 16 pompiers, soit au total 76 hommes.
Or la compagnie ne disposait, Officiers et sous-officiers défalqués, que 49 travailleurs.

Le 18 août 1865, Charles Fleck était appelé aux fonctions de Maire. Comme ses nouvelles fonctions étaient incompatibles avec celles de capitaine des sapeurs-pompiers, il proposa au Préfet de choisir parmi : Scherb Ignace, propriétaire et gourmet, Liechty Jean-Philippe, propriétaire, Blanck Jean-Baptiste, propriétaire.
Le choix se porta sur Scherb Inace.

Pour une raison que nous ignorons, celui-ci donna sa démission en 1868. Le 12 août 1869 le Préfet s'inquiétait de cette situation.
Quatre jours plus tard le Maire l'informait que, par suite des démarches personnelles qu'il avait faites près du capitaine démissionnaire, celui-ci reprenait ses fonctions

La compagnie comprenait à l'époque un capitaine commandant, un lieutenant, un sous lieutenant, un adjudant, un sergent-major, un sergent fourrier, quatre sergents, un caporal fourrier, huit caporaux, trois sapeurs, deux tambours, deux clairons et 44 sapeurs-pompiers.

L'uniforme se composait d'une tunique bleue avec passepoils rouges, collet en velours, boutons jaunes ayant au milieu une flamme, épaulettes rouges, pantalon large même drap que la tunique avec deux branches rouges et une lisière du même drap au milieu, un casque avec plumet rouge et olive, laine rouge, cravate noire sans col de chemise, gants blancs, armement complet avec baudrier noir.

Petite tenue : Sarrau en toile bleue de chanvre, épaulettes, képi, col, briquet, pantalon et chaussures à volonté.
Le képi sera remplacé pour les incendies par une bombe en fer battu matelassée intérieurement et garnie d'un capuchon.

Les articles 4, 5, 6 du règlement dont nous avons extrait ces précisions concernant la discipline.

L'article 7, l'entretien des pompes.

Article 8 : fixe les attributions du Sergent-major : " Il tiendra la caisse. La caisse se composera de l'allocation annuelle de la commune, des amendes et de la cotisation mensuelle (0,75 F pour le capitaine, de 0,50 F pour le lieutenant et le sous-lieutenant et 0,25 pour les sapeurs-pompiers.

L'article 10 donne la composition du Conseil de famille.
Ce conseil pourrait prononcer l'exclusion du corps.

Article12 - Toute infraction à ce règlement sera puni de 0,25 F d'amende pour la le fois - de 0,50 F pour la seconde fois - de 1 F pour la 3e fois - et de l'exclusion de la Cie prononcée par le Conseil de famille. Chaque pompier qui se fera exclure sera tenu de payer ses habits d'incendie.

Les événements de 1870-1871 amenèrent une fin prématurée de la Compagnie.
Un premier essai de restauration fut tenté en 1882, il échoua.

Le 17 février 1886 le " Kaiserliche Kreisdirektor zu Colmarn " écrivait :
" lch frage hiermit ergebenst an, ob es nicht angezeigt erscheine, eine Feuerwehr dort zu organisieren. "
Et le Maire répondait (original allemand) qu'il avait déjà essayé mais que ses efforts avaient échoué, parce que les chefs élus avaient refusé de prendre le commandement.

A ce titre, les Archives Municipales conservent une lettre de Xavier Scherb dans laquelle il informait le Maire qu'il se croyait forcé " par les circonstances de décliner l'honneur qu'on lui avait fait. "

Ce n'est qu'en 1894 qu'on entendit de nouveau parler d'une compagnie.
Le 13 juillet 1894 le Kreisdirektor reprochait au maire que sa commune était l'une des rares à ne pas posséder une compagnie de sapeurs-pompiers.

4 ans passèrent.
Le 2 août 1898 le Maire Baradé écrivait ce qui suit à l'autorité :
" In Folge der in kurzer Zeit in hiesiger Gemeinde ausgebrochenen Brande hat der Gemeinderath beschlossen, dass eine freiwillige Feuerwehr gegründet werden sollte.
Die Zahl der Feuerwehrleute, welche ausschlieslich nur aus gedienten Mannschaften gebildet werden solI, ist auf 72 bestimmt, dieselben würden eventuel spater noch als Kriegerverein auftreten. "
Da nun die Gemeinde in finanzieller Hinsicht nicht gut situirt ist, so erlaube ich mir den H. Kreisdirektor ganz ergebenst zu bitten, für die Uniformirung der Feuerwehr bei dem Herrn Bezirksprasidenten einen angemessenen Zuschuss bewirken zu wollen. "
(Vu les nombreux incendies qui ont eu lieu ces derniers temps, la commune a décidé la création d'un corps de 72 hommes, Vu les difficultés financières de la commune, nous demandons une aide pécuniaire pour l'achat des uniformes )

Au mois d'octobre de la même année le maire adressait la liste des membres aux instances supérieures.
La " mise à feu " nécessita 5828,67 DM
Uniformes : 2784,61 DM
Achat d'une pompe : 2200 DM
Réparation du matériel : 884,06 DM.
213 furent payés par la commune, 113 par l'état.

Il faut y ajouter quelques dons des compagnies d'assurances :
Rhin et Moselle 100 DM
The Lion 100 DM.
La date officielle de création est le 1er janvier 1899.

Cette compagnie connut tout de suite quelques difficultés internes.
Les 3 Officiers Brandmeister) démissionnaient coup sur coup.
Scherb André (fils) le 26 juin 1899.
Baffrey André le 30 juin 1899.
Schwindenhammer Charles le 1er juillet 1899.

Mais la séance du Conseil Municipal du 3 juillet leur ayant donné satisfaction, ils la reprenaient aussitôt.

Les Statuts de l'époque sont très explicites.
Si le but des pompiers de l'époque napoléonienne était de défendre l'Empire et la Constitution ceux de 1899 devaient avant tout protéger les Biens et la Vie des habitants.

La compagnie comprenait :
1 Branddirektor
2 Brandmeister
1 Kassenführer
1 Zugführer
1 Oberspritzenmeister
5 Spritzenmeister
5 OberlOschmanner
4 Axttrager
4 Hornisten
3 tambours
44 Löschmanner.

Pour être admis il fallait avoir 23 ans et ne pas dépasser 40 ans, de préférence avoir servi dans l'armée allemande.
Les statuts parlent également d'une compagnie de vétérans :
conditions pour être reçu : 25 ans de service et être âgé de 55 ans.

Celui qui quitte la compagnie pour une raison ou une autre versera 20 M pour usure de l'Uniforme.

Les ressources se décomposaient comme suit :
a) Cotisations mensuelles :
Branddirektor 2,50 M
Brandmeister 2,00 M
Caissier 1,00 M
Zugführer 0,50 M
Oberspritzenmeiter 0,50 M
Spritzenmeister 0,40 M
Löschmanner 0,20 M
b) ressources extraordinaires : sans précision.
c) des amendes.
d) contributions bénévoles des membres et des particuliers.

Le 2 juillet 1904 le Président du district, le Prince de Hohenlohe nommait :
Capitaine : André Scherb,
lieutenants : André Baffrey et Frantz Schiehle.

Le 3. 12 de la même année André Baffrey démissionnait.

Le conflit de 1914 remit une nouvelle fois la compagnie en veilleuse.

Le 19 mars 1918, 20 personnes se déclaraient prêtes à porter aide en cas de sinistre.

Ce n'est qu'en 1920 qu'on reparla a nouveau d'une compagnie.
Frantz Schielé et J. Schira furent chargés d'une enquête et de la création d'un nouveau corps de sapeurs-pompiers.
Les sergents de l'ancienne compagnie ainsi que les susnommés (anciens officiers) se réunirent le 13 mai à l'hôtel de Ville.

Voici le résultat de leurs discussions.
" Les revenus de la compagnie figuraient avant la guerre comme suit :
500 M de la Commune.
350 M des membres d'honneur.
450 M Cotisations des membres. "

Ces deux derniers points sont actuellement à rejeter.
Pour ce qui est de la cotisation, il faudrait plutôt envisager de payer les sapeurs-pompiers pour chaque exercice.

" D'autre part nous insistons sur le fait que les sapeurs-pompiers ne prendront part à aucun cortège... Nous demandons une subvention communale de 1000 F, l'achat des uniformes par la commune, l'achat et l'entretien du matériel... "

En ce qui concerne les cortèges, les promoteurs ne purent rien faire d'autre que de suivre le mouvement et répondre présent à chaque invitation.
L'unique flèche que put lancer le capitaine Schiehlé fut de réclamer 2 uniformes " français de coupe ". Lettre du 18 4. 1921.

Par arrêté du 28 mai 1921, le Préfet du Haut-Rhin arrêtait :
" Article 1er . Il est constitué un corps de sapeurs-pompiers dans la commune de Turckheim (en réorganisation du corps existant)
Article 2 : Le corps dont l'effectif est fixé à un maximum de 52 hommes (officiers, clairons et tambours compris) formera une compagnie. "

Le règlement de service de l'époque comporte 36 articles.
Notons :
Article 12 : Pour la 1re fois les amendes sont fixées :
après absence à une manœuvre : 2 F
à un incendie : 5 F
aux rassemblements en cas d'incendie ou de sinistre : 2 F.
aux réunions, rassemblements : 2 F
à une revue service commandé : 3 F
état d'ivresse pour la 1re fois : 1 F
Le maximum des amendes étant fixé à 20 F.
L'article 11 spécifiait u sont passibles d'une amende ou d'une peine disciplinaire ceux qui :
1) se présenteront aux revues, réunions ou manœuvres dans une tenue négligée
2) manqueront à un service commandé.
3) accepteront des rafraîchissements lors d'un incendie sans y âtre autorisés.
4) se trouveront en état d'ébriété.
Article 28 : " Le Conseil Municipal par application de l'article 18 du décret du 12 juillet 1899, fixe le prix de la journée moyenne de travail de la commune à 15 F et l'indemnité journalière pour blessure ou maladie contractée dans le service à 15 F.

En 1905 la prime d'assurance était de 1,40 M par homme et par an.
Capital versé en cas de décès : 2 000 M.
Capital versé en cas d'invalidité permanente : 4000 M.
Incapacit6 de travail : 2 M par jour.

Les pompiers de 1920 avaient contracté un engagement de 5 ans.
Lors du renouvellement de 1925 le capitaine Frantz Schieh!é regrettait de ne pouvoir rester à son poste.
Son beau-frère Schira le suivait, ne restait que le lieutenant Weiss qui momentanément assura le commandement.

Le 4 novembre 1925 le Préfet du Haut-Rhin protestait contre cet état de choses vu que dans les communes de plus de 500 habitants la fonction de maire ou d'adjoint était incompatible avec celles de sapeurs-pompiers.
F. E.Weiss était effectivement adjoint au maire.
Celui-ci démissionnait comme lieutenant le 21 juillet 1926.

Le 27 décembre le Président de la République nommait M P L.Widerkehr aux fonctions de capitaine.

M. P. L. Widerkehr, ayant été élu maire en 1929, dut, conformément à la loi, se démettre de ses fonctions de capitaine (démission du 4 janvier 1930).
Il fut remplacé par le Dr Fels (arrêté de nomination du 21 juin 1930).
La même année M. Schira fut nommé Lieutenant.
En 1931 M. Weiss E. lieutenant honoraire et Daessle Louis sous-lieutenant puis en 1936 lieutenant.

Chapitre 2ème: le matériel, les incendies.
(sommaire de l'historique)


Nous avons déjà évoqué le personnage du " Veilleur de nuit "

En période de crise et notamment au 19ème siècle, on juge plusieurs fois utile de le renforcer.

Ainsi en 1842 dans la séance extraordinaire du 23 octobre, M. le Maire expose que les vols nombreux qui se commettent journellement depuis quelque temps et les incendies qui tendent a se propager sont motifs plus que suffisants pour fixer l'attention de l'autorité municipale.
La mesure la plus efficace à son avis est de pouvoir se confier à une police active, il convient d'adjoindre les deux sergents de ville a la police active.

Quant au matériel d'incendie, il apparaît jusqu'en 1700 fort désuet, les moyens dont on dispose sont surtout préventifs :
" Actum 5ambstag den 9. july 1611 : dass ein jeder Bürger ein Bittich vor den dem Haus haben solI in der heissen Zeit "
(que chaque bourgeois par ces temps chauds place un cuveau plein d'eau devant sa maison).
" 5. juni 1632 :. auszukhünden dass ein jeder Bürger wie hintersassen bey der daraufgesetzten straff bei dieser heissen Zeit ein Karrenbittig oder sonsten ein Geschirr mit Wasser vor seiner Tür haben solI "

Souvent il est question d'achat ou de réparation des " Feuereymern " (seaux d'incendie).

Quant aux échelles, on en parle une première fois dans les registres paroissiaux.
Elles étaient a l'époque remisées " Ob dem Weinstüblein ", l'emplacement de ce " Corps de garde" ne peut être précisé.

Un des moyens préventifs les plus efficaces consistait à contrôler les cheminées et foyers. Aussi on trouve très tôt un contrôleur des feux (Feueraufseher), également des prescriptions de placer des fagots près des cheminées.

Dans les registres des Procès-verbaux des séances du Magistrat on peut lire à la date du 2-7-1735 (original en allemand) :
" Joseph N ... Bourgeois et boulanger condamné à 10 couronnes d'amende pour avoir par sa négligence et sa faute, provoqué le 26 juin passé un incendie, incendie qui a mis en émoi toute la population.
Vu sa prière et sa pauvreté la peine a été ramenée à 6 livres. "

Trois bourgeois étaient pourtant restés impassibles devant le danger. Ils furent condamnés chacun à une livre et 10 sous pour avoir précisément dans la nuit du 26 juin, et ce pendant l'incendie, bu tranquillement un pot au poêle des corporations

L'événement, l'incendie s'entend, amena un contrôle des cheminées et les amendes suivantes furent prononcées:
Vve Joseph Klein, 1 livre
J. WiderkOhr, 2 livres
C. Daessle, 1 livre
Frantz Hurst, 1 livre
Jacob Heinrich, 1 livre
Martin steiner, 2 livres
Jacob Antoni, 1 livre
Antoine Jehle, 1 livre
Antoni Maurer der Thorwachter, 1 livre
Johann Mahler 10 sous
Peter Boverat, 10 sous
Georg Dietrich, 1 livre
Michel Ebele, 1 livre
Quant au cantinier du poêle (Hauptkand), pour ne pas avoir mis nos trois larrons à la porte : 3 livres !

Dans le même ordre d'idées il faut évoquer la question du ramonage, très peu de renseignements avant 1700.

Pour le 18ème siècle nous trouvons dans les comptes de la ville des frais de ramonage 170 livres en 1759) et en 1833 le règlement suivant :
" Vu les lois du 24 août 1790, 22 juillet et 6 octobre 1791, aux termes desquelles il entre dans nos attributions de prescrire les précautions nécessaires pour prévenir les incendies, considérant que d'après le rapport la plupart de ces événements désastreux sont dus à l'imprévoyance, à l'insouciance des propriétaires ou locataires, à la construction vicieuse des bâtiments, fours et cheminées, qu'il en est dont la cause est restée inconnue et d'autres attribuées à la malveillance ou à une coupable spéculation, que plusieurs individus ont été traduits devant la cour d'assises, accusés d'avoir incendié eux-mêmes leur maison. Ce considéré nous arrêtons :
1) Il est ordonné aux propriétaires ou locataires de maintenir en état de solidité et de propreté les fours et cheminées,
2) de laisser à la distance d'un mètre au moins de toute matière combustible, de les prolonger au-dessus de la toiture jusqu'à la hauteur de 70 cm au moins et de garnir de tôle ou de briques les tuyaux de poêle traversant les cloisons de bois.
3) défense de fumer dans les granges.
4) défense de sécher du lin ou du chanvre dans les fours
5) défense de faire du feu a moins de 100 m des habitations
6) défense de tirer des coups de fusils ou des pétards dans les maisons
7) défense de placer des cendres dans les greniers.
8) défense de mettre en grange du foin ou du regain qui ne serait pas parfaitement sec.
9) défense de construire ou de réparer avec des bardeaux et de la paille à moins de 50 m de toute autre habitation
10) défense de détourner le " stattbachlein " ou de puiser de l'eau dans le bassin de la fontaine publique.

A cette époque le ramoneur Giorgino était tenu de visiter les cheminées 4 fois par an, le prix était de GS centimes par cheminée et par an. Cheminée de distillerie 15 centimes.
Les cheminée de boulangerie était visitée toutes les 6 semaines et le prix était de 3 F par an.

Ces moyens préventifs n'ont naturellement pas empêché les incendies qui sont avant tout l'apanage du 19ème siècle.

Par bonheur la ville avait fait un effort important pour l'acquisition de pompes.

Avant le 18éme siècle pas d'indication.
Au budget de 1717 par contre figure une dépense de 417 livres.
Michel Costanzer de Biberach du pays de Wurtemberg pour une pompe a feu posée sur 4 roues qu'il a vendue a la ville en l'année 1718, par convention du 20 mai de la dite année pour 400 livres plus 17 livres tant à cause de l'augmentation des monnaies que pour frais de voyage qu'il a été obligé de faire pour venir chercher le payement.

1737 à Antoine Maurer dresse facture à la Ville pour réparation faite aux pompes .
On peut donc admettre l'existence de deux pompes.
Celle de 1717 et une plus ancienne. Vu que l'annotation ci-dessus relève le détail de 4 roues il est également permis de penser que l'ancienne devait être portée ou chargée sur une voiture pour l'amener au lieu du sinistre.

En 1768 on parle de deux nouvelles pompes à feu faites par André Gueb, fondeur de cloches à Strasbourg. dépense : 955 livres.

Les règlements de la Révolulion parlent de 3 pompes, après même de 4.

Ces pompes ont, durant leur existence, rendu de nombreux services.

Une remarque s'impose : avant la Révolution pas de sinistre important, puis vers 1830 des sinistres sans intermittence non seulement à Turckheim mais un peu partout.
Les causes ? Dans le Glaneur du Haut-Rhin du 24-8-1863 on peut lire :
" Dans une pétition adressée au Sénat, plusieurs compagnies d'assurances n'hésitaient point à déclarer que dans leur opinion les incendies accidentels ont triplé leur nombre dans toute la France, et le rapporteur au Sénat a cité les chiffres du Haut-Rhin de 1834 à 1843 avant l'emploi des allumettes chimiques 835 incendies et une perte de 6183385 F.
Dans les dix dernière années 1852 à 1861 . 1 595 incendies et une perte de 14357344 F "

Il faudrait ajouter à ces causes celle nommée dans le règlement municipal de 1833 :
" une coupable spéculation ".
A-t-elle joué à Turckheim ? Rien ne permet de l'affirmer.

Nos archives conservent le souvenir, plus exactement, elles donnent de nombreux détails sur les grands incendies du 19e siècle.

12 juin 1844 (lettre du Maire au Préfet) :
" Dans la nuit du 11 de ce mois le feu a pris vers neuf heures du soir dans un hangar attenant à la maison de Monsieur Arragon Nicolas marchand épicier. Au premier cri d'alarme les personnes qui sont accourues au secours n'ont remarqué que quelques petites flammes qui s'échappaient d'un tas de foin et de paille, mais le progrès fut tel qu'en un clin d'œil tout le bâtiment, les granges et les maisons avoisinantes se trouvaient en proie à un affreux sinistre.

Les pompiers de Wintzenheim, Wettolsheim, Eguisheim, Herrlisheim, Andolsheim, ste-Croix-en-Plaine, Colmar, Ingersheim, Ammerschwihr, Niedermorschwihr, Wihr-enPlaine, Holzwihr, Logelbach (Herzog), Logelbach( Haussmann), Munster et Wihr-au-Val, ainsi que les gendarmes de Colmar et un détachement du 10e Régiment de Dragons se sont empressés à se rendre au lieu du sinistre - Honneur à eux et mille remerciements "

L'incendie ne fut maîtrisé que vers deux heures du matin. 11 maisons et 3 granges détruites, quelques bâtiments endommagés et 7 familles réduites à la plus grande misère.

Pratiquement il s'agissait de tout le côté droit de l'Impasse des boulangers et deux maisons de la grand'rue.
Peu après le maire adressait une lettre de remerciement à 13 communes et 2 usines et leur demandait l'état des dépenses occasionnées.

Voici le résumé des réponses :
Wintzenheim : chez BIaise Kuhn (tonnelier)
3 mesures de vin à 20 F la mesure,
11 miches à 11 F
17 livres de fromage à 16 sous la livre.
Total . 79 F 13 ctm.

Walbach
13 litres,
3 miches
avec la remarque suivante du maire Zehler : "nos pompiers étaient chez M. Hergel et ils ont eu 30 litres de vin aigre ".

Eguisheim et Ammerschwihr chez Baffrey (bœuf rouge)
5 mesures à 5 F
pain et fromage 18,95 F
foin et avoine : 12 F
verres cassés : 6 F
Total : 91,95 F

Ste-Croix-en-Plaine
34 hommes plus 2 lieutenants et 1 capitaine
50 litres et 5 miches.

Ingersheim : chez Scherb (deux clés)
10 litres de vin

Horbourg : 17 F à l'homme sauvage (Hergel)

Niedermorschwihr : pas de dépenses.

Haussmann :
le Chef de pompe.,1 litre gratuit chez Baffrey

Andolshelm : 7 bottes de foin.

Wlhr-en-Plalne : Les pompiers étaient logés chez Mr Huck Joseph
Ils ont bu environ 75 litres de vin entre 37 hommes (?), 5 mIches, 3 livres de fromage gras.

Herrllsheim : Les pompiers étaient logés chez M. Metz boulanger :
50 litres de vin et 6 miches de pain bis. 4 livres de fromage blanc, etc.

Incendie du 11 avril 1854. incendie à localiser entre la rue étroite et la porte de Munster.
Sinistrés :
Kupfer Augustin
Schano Joseph
Lang Jacques
Baumann Valentin
Meyer Michel
Leiterer Antoine
Nicot Jean (3 maisons brUlées, plusieurs endommagées)
Glattmann Joseph
Hirsinger Jean
Siffert Jean
Stocker Joseph
Strick Wendelin
Horter Georges
Levy Carolina
Schano Jean et Schano Xavier

A noter une lettre du maire de Wintzenheim :
" J'ai l'honneur de vous informer que votre agent de police répand le bruit que les sapeurs pompiers de Wintzenheim se sont comportés (permettez-moi l'expression) comme de véritables cochons. C' est la première fois que j'entends dire pareille chose sur leur compte... et jusqu'à présent je n'ai eu que des éloges sur leur zèle et leur conduite. "

Nuit du 8 au 9 août 1855 (vers deux heures du matin) à localiser dans la rue brûlée.
La cause en put être déterminée, un dépôt de cendres dans un hangar.
Les secours vinrent de Colmar, Ingersheim, Logelbach, Wintzenheim, Walbach, Zimmerbach, Wettolsheim, les dragons de Colmar.

Incendie du 15. 2. 1864. Une lettre au Préfet relate :
" Un terrible sinistre vient d'avoir lieu en cette ville. La nuit dernière à minuit et quart environ le feu a pris dans la maison d'habitation du Sieur Weber Jean-Baptiste, rue Hintergasse 194 et s'est communiqué avec une rapidité effrayante à 4 autres bâtiments. "

Enfin il faut signaler les nombreuses lettres de remerciements adressées par différentes communautés aux pompiers de Turckheim pour services rendus.
La plus ancienne étant une lettre du maire de Colmar, Morel, datée du 30.8. 1813.
" L'empressement que vous (le maire) et les habitants de votre commune avez mis à venir au secours de cette ville, à l'occasion de l'incendie qui a eu lieu la nuit dernière… "


15 juillet 1861 :
Un incendie a éclaté à Niedermorschwihr.
La pompe de campagne fut montée par le Kirchthal avec le lieutenant Fels, le Sergent-major Liechty, 4 caporaux et 12 pompiers.
" La pompe nous permit de conserver une maison aboutissante, les caporaux qui tenaient la lance se sont distingués par leur courage et leur hardiesse, les pompiers ont tenu une conduite très sobre. "

16 février 1864
" Dans la maison J. Bte Wibber, rue Hintergasse, l'incendie menaçait de grands dangers...
La compagnie combattait le feu avec une grande énergie...
Nous n'aurions pu venir à bout sans que les généreux voisins nous envoyèrent leurs pompes à notre secours : MM Herzog Antoine et Kirschleger.
Les communes de Wintzenheim, Colmar, Logelbach, Ingersheim aux quelles nous sommes redevables de notre reconnaissance et de nos remerciements. "
Dix familles sinistrées, maisons et mobiliers détruits.
un homme brûlé en cendre dans son lit, deux vaches et un porc ont été brûlés r6tis. - Fusil et sabre d'un pompier ont été calcinés par les flammes.

22 mai 1866
Vers 9 h 30 un double incendie éclate à Wintzenheim.
" Les pompiers ont volé au secours, une 2ème pompe y va à 10 h 30. Les pompiers et d'autres citoyens éparpillés dans les champs et les vignes sont directement courus au feu... Un régiment de lanciers est venu de Colmar. Le pompier Haas Xavier s'est fracturé une jambe... "

18 décembre 1866
Un détachement des pompiers de Turckheim est parti avec la pompe de Campagne pour combattre le feu à Wintzenheim. Ils y ont déployé tout leur zèle "
Dans sa lettre du 21 déc. le Maire de Wintzenheim remercie les pompiers de leur " concours spontané porté en cette circonstance. "

22 avril 1868
" à onze heures du soir un incendie a éclaté dans la grande filature de M. Herzog. à minuit nous étions sur le lieu du sinistre avec la pompe No 4 et 5. Les hommes ont pris une position très dangereuse par laquelle ils ont contribué à préserver le bâtiment attenant à la grande filature. Au bout de quatre heures il ne restait de ce grand et beau bâtiment qu'un monceau de vieille ferraille entouré de quatre murs. "
Ce rapport est signé Georges Baffrey.

26 juin 1867
" … la pompe de campagne est partie dans la nuit, attelée des chevaux du capitaine M. Scherb et de M Hauptmann. Les progrès du feu ont été bravés. "


Pour procurer des revenus à la caisse les pompiers organisent chaque année de 1861 à 1870 des danses publiques :
1) dans la nuit du Nouvel An dans la salle au rez-de-chaussée de la mairie. Cette danse était soumise au règlement de la police. Revenu de 77 F à 215 F. Cette danse pouvait avoir lieu sur une place hors de la ville.
2) le lundi de pentec6te une danse était organisée sous les mêmes conditions, elle rapporta : 126,50 F en 1861.

Signalons pour finir une amélioration de l'armement de nos pompiers obtenue par l'intervention de M. Grad, maire qui écrit :
" 17 septembre 1863 ... la demande pour l'armement des sapeurs-pompiers a été acceptée et je suis autorisé de retirer de l'arsenal de Neuf-Brisach 59 fusils à silex No 1 de voltigeurs et 66 sabres d'infanterie modèle 1816.
Veuillez, je vous prie, vous présenter demain à 10 heures … "

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2eme Partie: Histoire récente
(sommaire de l'historique)

1951 : le Corps des Sapeurs-Pompiers devient Centre de Secours :


La Commission Spéciale du Service Départemental d'Incendie et de Secours ayant donné son accord en sa séance du 25 octobre 1950, M. le Préfet du Haut-Rhin, par son arrêté du 12 septembre 1951 désigna la commune de Turckheim comme Centre de Secours avec effet du 11 l octobre 1951.

Cette désignation répondait certes à des besoins tendant à assurer une plus grande protection des biens publics et privés, mais elle était également un honneur pour le Corps des Sapeurs-Pompiers de la Ville et une reconnaissance de ses mérites et de ses capacités.

La création de ce Centre de Secours fut très bien accueillie.
Elle stimula beaucoup plus encore l'ardeur du corps entier qui se mit au travail pour se montrer digne de l'honneur qui lui était lait.

Sous la sage conduite de Chefs très compétents et dévoués une section spéciale fut formée : c'est elle qui intervient lorsqu'il est fait appel au Premier Secours




31 mars 1962 : Création de la Section des Trois-Epis

La station de montagne des Trois-Epis, distante de 8 km de Turckheim, ne disposait pas d'une équipe de Sapeurs-Pompiers.
Pourtant plusieurs graves incendie y furent à déplorer, dont le grand feu de 9 janvier 1952 qui détruisit entièrement le Couvent.

Sous l'impulsion de M. Adam, une première équipe a été mise en place et la section des Trois-Epis a été officiellement crée le 31 mars 1952.

Elle était composé de :

ADAM Henri, Adjudant
MARCHAL Claude, Serqent
DEMANGEAT Michel, Caporal
DEMANGEAT P., Sapeur
DEPARIS Jean-Claude, Sapeur
GEBEL Hubert, Sapeur
GERARD Raymond, Sapeur
MARCHAL Jean-Paul, Sapeur
MILLION Robert, Sapeur
NEU Gérard, Sapeur
PARMENTIER Emile, Sapeur
PIERREZ Albert, Sapeur
RAPP Claude, Sapeur
URLACHER Martin, Sapeur
VONE Guy, Sapeur
WEIGEL Etienne, Sapeur

En 1962, le Syndicat Intercommunal de Trois-Epis acheta une motopompe remoquable Guinard de 30 m3/h.


31 mars 1968 : Inauguration de la Nouvelle Caserne

" extraits des discours prononcés ce jour… "

D'être doté d'un Centre de Secours ne représente pas que des honneurs pour une commune, mais aussi des obligations, donc des frais.
Il n'est en effet, pas tout d'avoir des gens bien entraînés, il faut aussi parfaire leur équipement, le perfectionner selon des méthodes nouvelles, créer des locaux dignes de recevoir leur matériel qui augmente continuellement pour intervenir dans de nombreux domaines que connaissent bien les initiés.

C'est pourquoi le dépôt de pompes de Turckheim s'est avéré trop exigu et il a fallu le remplacer par un bâtiment plus moderne offrant plus de possibilités et aussi de confort aux " Hommes du Feu " qui eux, de leur côté, sacrifient tout à la protection des vies et des biens.

Quoique le bâtiment que vous inaugurez ce jour puisse paraître à certains, de par ses dimensions, prétentieux pour une ville de l'importance de Turckheim, je ne pense pas qu'il en soit ainsi.

La nouvelle caserse, lors de son inauguration en 1968.
Elle paraissait trop grande à l'époque, il n'y avait que 2 engins motorisés.
Malgrè une extension en 1994, il n'y plus assez de place pour tout ranger!